LeWeb, Lift, BlogTalk, Reboot, Shift, PicNic, Web 2.0 Expo, ce sont, en Europe, les conférences-phares liées au web 2.0. Pour chacune d’elles, il existe pas mal de bonnes raisons de s’y rendre; certaines de ces conférences, après quelques éditions seulement, ont déjà un statut d’événement incontournable pour tout cyberentrepreneur, développeur, investisseur, marketeur, dirigeant, réseauteur ou geek.
Pour cette dernière catégorie, précisons qu’il vaut mieux être un geek riche. En effet, un coup d’oeil au prix des billets d’entrée, même les moins chers, les fameux « early birds », suffit pour évaluer l’importance de l’investissement. Lift par exemple, passe à 950 CHF (environ 630 EUR) pour sa prochaine édition alors que LeWeb passe à 950 EUR (sauf erreur c’était 600 EUR en 2007) et c’est à peu près pareil pour Web 2.0 Expo.
En plus d’un sésame, comptez le déplacement, deux ou trois nuits d’hôtel sans oublier quelques à-côtés. Selon les cas, la facture atteint allègrement les 1500 à 2000 CHF par conférence, ou même plus selon les distances. C’est à ce prix qu’on peut rester au contact de l’intelligentsia 2.0.
Les autres conférences du même calibre sont-elles tout aussi chères voire plus chères? Toujours est-il que ça reste une somme. Une somme qui exclut de facto les indépendants, les TPE, les start-up, les étudiants, les blogueurs, tous a priori sans le sou. Ces derniers constituaient pourtant le tout premier public de ces conférences, peut-être le plus enthousiaste. Aujourd’hui, nombre d’entre eux ont renoncé ou sont sur le point de le faire. Les résistants, eux, mettent en place des stratégies plus ou moins efficaces.
L’autofinancement
Il s’agit de compenser les frais d’inscription, de voyage, d’hébergement, par de nouveaux revenus. Pour cela, il faut considérer la conférence comme un terrain de chasse sur lequel on lance une campagne de vente-éclair avec pour objectif de dénicher de nouveaux clients. Si on parvient à décrocher quelques contrats sur place et qu’il y a retour sur investissement, le jeu peut en valoir la chandelle. Encore faut-il avoir clairement identifié au préalable les « cibles » les plus intéressantes et ne pas lâcher le morceau.
Si on est entrepreneur, il faut impérativement une offre à dégainer, un projet à présenter, une idée à soumettre, une technologie à lancer, un concept à promouvoir. Sans cela, la démarche est stérile.
Evidemment, ce genre d’opération-commando gâche un peu le plaisir de la conférence, de la découverte, du réseatutage, de la réflexion et ne laisse que peu de place aux échanges désintéressés.
De plus, le risque de revenir bredouille est bien réel. Prenons la grande messe LeWeb comme exemple, avec ses quelque 2000 participants, ses VIPs ultra-sollicitées et des présentations qui se suivent à une cadence infernale. Tout le monde n’en revient pas avec des contrats signés sous le bras…
Le bénévolat
Selon les cas (par exemple LeWeb), les blogueurs et podcasteurs avertis peuvent postuler pour l’obtention d’une accréditation s’ils s’engagent à couvrir la conférence sur leur blog. Une activité contraignante s’il en est puisqu’il s’agit d’un vrai travail journalistique nécessitant une implication totale.
L’inconvénient, pour autant qu’on obtienne l’accréditation en question, est semblable au point précédent: un blogueur accrédité consacre l’essentiel de son énergie à la rédaction, à la prise de photos, l’enregistrement d’interviews, etc, et profite peu voire pas du tout de la conférence.
Le cadeau de Noël
Si les deux techniques précédentes échouent ou se révèlent impossibles, on peut toujours passer le coût de la conférence sur son budget « cadeaux de Noël » (en l’occurence un cadeau pour soi-même) ou sur son budget de vacances.
On voit bien que toutes ces techniques ont de sérieux inconvénients et ne satisfont que les plus acharnés. Mais pour combien de temps?
En fait, le problème dans son ensemble n’est pas simple car l’organisateur aussi doit y retrouver ses billes. Et les sponsors n’y suffisent généralement pas. Alors, quelles sont les solutions? Quel modèle permettrait d’infléchir cette courbe inflationniste? Comment éviter que les conférences 2.0 deviennent l’apanage des gros budgets?
Voilà, je lance le pavé dans la marre. Le but de ce billet n’est ni de me lamenter ni de revendiquer la gratuité mais plutôt d’ouvrir la discussion. Que pourrait-on imaginer pour que les conférences 2.0, de surenchère en surenchère, n’y perdent pas leur âme?
Je publierai un second billet avec mes idées et propositions de solutions mais d’abord place aux commentaires.
Peut-être une manière pour certains de remplacer les investisseurs qui n’investiront (peut-être) plus dans leur entreprise/start-up.
Je pense qu’il était in de faire payer cher et que cela était preuve de sérieux plus que de se préoccuper du contenu réel de ce genre d’événements.
J’espère que le retour vers les fondamentaux de l’économie dégonflera aussi ce genre de « bulle ».
Nous ne sommes pas dans le 2.0, en partie parce que nous sommes plus techniques que les conférences mentionnées ci haut. Mais je vous assure que ce sentiment est plus que partagé.
Parce que nous voyons les choses différement, nous avons souhaité créer de notre côté Paris Web, dont l’édition 2008 est en novembre ( http://www.paris-web.fr/ ).
L’association est à but non lucratif mais les contenus et les intervenants n’ont rien à envier aux conférences plus institutionnelles (je serai tenté de dire le contraire même). Le résultat s’en ressent avec un plébiscite à la sortie et des tarifs 5 à 10 fois moins chers : parce que demander 500€ par jour et 40 partenaires/sponsors n’est ni légitime ni nécessaire pour apporter de la qualité.
Bref, si vous ne vous reconnaissez pas là dedans, monter autre chose. C’est réalisable.
Il en faut pour tous les gouts et surtout les portefeuilles !
ParisWeb n’est pas comparable à LeWeb, n’adresse pas le même public, mais les deux sont très intéressantes. Les attentes d’un geek passionné seront mieux remplies à ParisWeb, celles d’un entrepreneur désireux de multiplier des conatcs le seront à LeWeb.
Il faut plutôt se réjouir d’avoir le choix.
Nous sommes d’accord Jacques, les événements ne sont pas les mêmes, ne visent pas les mêmes buts ni les mêmes publics.
Mais derrière c’est quand même assez proche pour que je sache comment ça se passe, et sérieusement 1000€ pour deux jours alors qu’il y a 40 partenaires, c’est abusé et anormal.
Maintenant c’est sur que si sur ce genre de sujets de conférence personne ne se bouge et tout le monde accepte de payer sans raler, ils ont bien raison de plumer tous ces gens.
Ben, merci d’avoir écrit tout haut ce que je pense tout bas… en fait, je ne suis pas allé à Lift cette année pour cette raison. C’est dommage, car je n’avais pas derrière une entreprise qui pouvait prendre en charge ces frais.
Une solution, une cape invisible à la Harry Potter, mais là, c’est clair que pour les contacts et le réseautage… pas trop top! A moins qu’on fasse un réseau invisible…
Evidemment, pour du contenu qu’on fini par retrouver sur le web, ça fait cher. Mais peut-être est-ce le prix à payer pour serrer la main au Requin.
Maintenant, est-ce que l’échange de cartes de visites vaut vraiment ce prix? Est-ce que cela apporte vraiment quelque chose?
Dans notre domaine de l’informatique pédagogique, nous nous sommes organisés en association. C’est plus accessible, et les objectifs sont atteints.